
La réduction des pertes collatérales en ville n’est pas une question d’armement supérieur, mais de synchronisation totale des moyens et des hommes.
- La friction urbaine neutralise la supériorité technologique si elle n’est pas intégrée dans une manœuvre interarmes au plus bas échelon.
- L’interface homme-machine (drones, tablettes) et la communication en temps réel sont vitales pour éviter le tir fratricide et accélérer le tempo.
Recommandation : Abandonner une logique d’empilement d’outils pour adopter une doctrine de système tactique intégré, de l’assaut à la stabilisation.
Le paradoxe du combat moderne est brutal : jamais nos forces n’ont été aussi technologiquement avancées, et pourtant, elles s’enlisent encore dans le dédale des zones urbaines. L’environnement tridimensionnel, la présence de civils et l’asymétrie des menaces créent une « friction urbaine » qui semble annuler nos avantages. Face à ce constat, la réponse instinctive consiste à miser sur des solutions techniques : frappes plus chirurgicales, capteurs plus précis, armements plus sophistiqués. Ces approches sont nécessaires, mais fondamentalement incomplètes. Elles traitent les symptômes, pas la cause profonde de l’échec.
Et si la véritable clé pour réduire les pertes – amies comme civiles – ne résidait pas dans la puissance d’un outil unique, mais dans la synchronisation obsessionnelle de l’ensemble du dispositif ? Cette approche systémique considère que la performance ne naît pas de la supériorité d’un équipement, mais de la fluidité de l’interaction entre chaque composante : le soldat et son drone, la section d’infanterie et son appui aérien, l’unité d’assaut et l’équipe de stabilisation. L’enjeu n’est plus seulement la précision, mais l’intégration et le tempo.
Cet article propose une analyse opérationnelle destinée aux chefs tactiques. Nous allons déconstruire les mécanismes de la friction urbaine pour ensuite rebâtir une manœuvre efficace, fondée sur une synchronisation à tous les niveaux. Des procédures d’appui rapproché à l’exploitation des nouvelles technologies, l’objectif est de fournir des clés concrètes pour mener des opérations cinétiques en minimisant les dommages collatéraux, un impératif à la fois éthique et stratégique.
Cet article se structure autour des défis tactiques majeurs du combat en zone urbaine, en proposant des réponses opérationnelles concrètes. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer entre les différentes facettes de la synchronisation nécessaire à la réussite de la mission.
Sommaire : Manœuvre en zone urbaine : guide tactique de réduction des pertes
- Pourquoi le combat en ville annule la supériorité technologique des armées modernes ?
- Comment synchroniser l’appui aérien et l’infanterie dans un rayon de 50 mètres ?
- Fusil court ou drone de poche : quel équipement privilégier pour le nettoyage de pièces ?
- L’erreur de communication qui cause 20% des pertes amies dans le chaos des combats
- Sécuriser une zone après l’assaut : les 3 mesures immédiates pour éviter la contre-attaque
- Pourquoi passer de la carte papier à la tablette tactique change le tempo de la manœuvre ?
- Combat urbain : les défis juridiques et sécuritaires de s’entraîner dans une vraie ville
- Entraînement réaliste : « Train as you fight », comment reproduire le stress du combat sans tuer les stagiaires ?
Pourquoi le combat en ville annule la supériorité technologique des armées modernes ?
Le combat en zone urbaine (AZUR) est un égalisateur de forces. Il neutralise la supériorité technologique par ce que les théoriciens nomment la friction urbaine : un ensemble de contraintes qui dégradent la performance des capteurs et des plateformes les plus sophistiquées. Les lignes de vue sont courtes et obstruées, les menaces peuvent surgir de 360°, y compris des sous-sols et des toits (la fameuse « 3D du combat »), et la présence de non-combattants impose des règles d’engagement (ROE) extrêmement restrictives. Les capteurs thermiques sont brouillés par les réflexions multiples, les GPS perdent leur signal à l’intérieur des bâtiments, et la masse des constructions en béton et en acier entrave les communications radio.
Dans cet environnement, la supériorité aérienne et la portée des systèmes d’armes sont largement diminuées. Le rapport de force s’inverse de manière dramatique. Selon les doctrines les plus éprouvées, il faut en effet parfois 8 soldats pour déloger 1 seul défenseur en milieu urbain. Le défenseur, connaissant le terrain, peut canaliser la progression de l’attaquant dans des zones de destruction préparées, transformant chaque rue en un piège mortel. La technologie ne suffit plus à percer ce brouillard tactique.
Les batailles récentes de Marioupol (2022), Mossoul (2016-2017) ou encore Falloujah (2004) ont toutes démontré cette même réalité : une force technologiquement supérieure peut se retrouver piégée dans une guerre d’attrition sanglante. Les réseaux souterrains, les habitations transformées en bunkers et l’imbrication des combattants au sein de la population rendent les capteurs avancés et les frappes à distance inefficaces, voire contre-productifs, en causant des pertes civiles qui sapent la légitimité de l’opération. La solution ne réside donc pas dans plus de technologie, mais dans une meilleure intégration de celle-ci au niveau de la section.
Comment synchroniser l’appui aérien et l’infanterie dans un rayon de 50 mètres ?
La synchronisation entre les troupes au sol et l’appui aérien rapproché (Close Air Support – CAS) est l’un des défis les plus critiques en AZUR. La proximité immédiate des forces amies, des ennemis et des civils crée des « micro-théâtres » où la fenêtre d’opportunité pour une frappe est extrêmement courte et le risque de tir fratricide ou de pertes collatérales est maximal. Une coordination parfaite est non seulement souhaitable, mais vitale. Elle repose sur des procédures strictes et une interopérabilité sans faille, même sous un stress intense.
La doctrine moderne insiste sur une coordination interarmes poussée au plus bas niveau. Il ne s’agit plus d’une simple communication entre un état-major et un pilote, mais d’un dialogue quasi-instantané entre la section d’infanterie au contact et l’appareil en appui. Ceci implique la mise en place de procédures de double validation où le contrôleur aérien avancé (JTAC) et le chef de l’unité au sol confirment mutuellement la cible, sa position, et l’absence de non-combattants dans la zone d’effet. Le « Time-Sensitive Targeting » (TST), avec des boucles de décision de moins de 60 secondes, devient la norme.
Pour atteindre ce niveau de synchronisation, l’emploi d’effets non-cinétiques est primordial. L’utilisation de fumigènes pour marquer une cible ou masquer la progression des troupes, ou de systèmes d’éblouissement laser pour désigner précisément un objectif sans le détruire, permet de lever les ambiguïtés. Enfin, des systèmes de géolocalisation en temps réel, comme le système CERBÈRE, permettent un partage de la situation tactique (Blue Force Tracking) d’une fiabilité inégalée. Le pilote sait en permanence où se trouve chaque soldat ami, réduisant drastiquement l’incertitude qui mène aux erreurs tragiques.
Fusil court ou drone de poche : quel équipement privilégier pour le nettoyage de pièces ?
La question n’est plus « fusil ou drone ? », mais « comment le drone complète-t-il le fusil ? ». Le nettoyage de pièce reste l’une des actions les plus dangereuses pour l’infanterie. Le premier soldat à franchir le seuil d’une porte fait face à un risque maximal. L’équipement traditionnel, comme le fusil d’assaut à canon court, est optimisé pour la manœuvrabilité dans les espaces clos, mais il n’élimine pas le danger initial. C’est ici que l’interface homme-machine (IHM) de combat, notamment le drone de poche (nano-drone), change radicalement la donne.
Le nano-drone n’est pas une arme, mais un capteur déporté. Il devient les yeux du groupe de combat avant même son engagement physique. En quelques secondes, il peut pénétrer dans une pièce, un couloir ou un escalier pour renseigner sur la présence d’ennemis, d’otages ou de pièges. Il offre une capacité de reconnaissance immédiate qui permet au chef de groupe de prendre une décision éclairée : entrer en force, utiliser une grenade, ou choisir un autre axe de progression. Le drone transforme une action réflexe et risquée en une manœuvre tactique contrôlée. Cette capacité est encore plus cruciale dans des environnements complexes comme les souterrains, où le complexe d’entraînement souterrain du CENZUB permet désormais de s’exercer dans 400 mètres de galeries.
Ce soldat, concentré sur son écran, ne se contente pas de piloter un gadget. Il prolonge sa perception au-delà des murs, anticipant la menace sans s’exposer. C’est l’incarnation de la nouvelle synergie homme-machine au cœur du combat urbain moderne.

L’intégration de cet outil impose cependant de nouvelles compétences. L’opérateur doit être capable de piloter l’engin tout en analysant le flux vidéo et en communiquant les informations pertinentes au reste du groupe, le tout dans le chaos du combat. La véritable efficacité ne vient pas du drone lui-même, mais de sa parfaite intégration dans les procédures du trinôme ou du groupe. Il ne remplace pas le combattant, il le précède et le protège.
L’erreur de communication qui cause 20% des pertes amies dans le chaos des combats
Le tir fratricide est la hantise de tout chef militaire. Dans le chaos du combat urbain, où les engagements sont fugaces et les identifications difficiles, l’erreur de communication est la cause principale de ces drames. Une mauvaise identification de position, un compte-rendu ambigu ou un délai dans la transmission de l’information peuvent transformer une action coordonnée en une tragédie. Si le titre évoque « 20% », la réalité est que ce chiffre varie énormément, mais la cause racine demeure : une rupture dans la conscience situationnelle partagée (Shared Situational Awareness).
La formation intensive est la première réponse. Savoir rendre compte de manière claire, concise et précise sous le stress est une compétence qui s’acquiert et s’entretient. Des centres d’excellence comme le CENZUB-94e RI, où le CENZUB forme annuellement près de 15 000 soldats, mettent un accent particulier sur la maîtrise des procédures radio et des comptes-rendus standardisés (format SALTA : Size, Activity, Location, Time, Actions). Cependant, la formation seule ne peut éliminer totalement le risque lié au facteur humain.
La technologie apporte une solution complémentaire décisive pour pallier les failles humaines. Les systèmes modernes de gestion du champ de bataille (Battlefield Management Systems – BMS) sont conçus pour réduire ce « brouillard de la guerre ».
Étude de cas : Le système Cerbère, une réponse au tir fratricide
Déployé au CENZUB depuis 2023, le système Cerbère est une révolution pour la coordination en temps réel. Il assure la géolocalisation précise de chaque combattant, y compris à l’intérieur des bâtiments, et affiche leur position sur une carte tactique partagée. Plus encore, il analyse chaque échange de tir grâce à des capteurs sur les armes et les gilets, permettant d’identifier sans ambiguïté « qui a tiré sur qui ». Lors des entraînements, cet outil permet une analyse après action (AAR) extrêmement précise, réduisant drastiquement les risques de tir fratricide en objectivant les erreurs de communication et d’identification.
En combinant une formation rigoureuse sur les fondamentaux de la communication et l’intégration de technologies comme Cerbère, il est possible de réduire drastiquement l’une des principales causes de pertes amies. La technologie ne remplace pas la compétence du soldat, mais elle lui offre un filet de sécurité lorsque le stress et la confusion menacent de prendre le dessus.
Sécuriser une zone après l’assaut : les 3 mesures immédiates pour éviter la contre-attaque
La prise d’un objectif n’est pas la fin de la mission ; c’est le début d’une phase tout aussi critique : la stabilisation. Une fois l’assaut terminé, la section est à son point de vulnérabilité maximale. Les hommes sont fatigués, les munitions sont basses et la situation tactique est encore confuse. C’est le moment que l’ennemi choisit souvent pour lancer une contre-attaque. La sécurisation immédiate de la zone n’est pas une tâche administrative, c’est une action de survie qui conditionne le succès de toute l’opération. Elle repose sur des mesures rapides, méthodiques et coordonnées.
La première priorité est d’établir un périmètre défensif viable. Cela implique de basculer d’une posture offensive à une posture défensive en quelques minutes. Les combattants doivent immédiatement occuper des positions clés offrant des champs de tir dégagés, mettre en place des points de contrôle pour filtrer les accès, et préparer des zones de destruction (kill zones) sur les axes de contre-attaque les plus probables. Cette réorganisation rapide empêche l’ennemi de reprendre l’initiative.
Simultanément, la gestion des conséquences humaines de l’assaut est un facteur stratégique. La prise en charge visible et rapide des civils blessés n’est pas seulement un devoir éthique ; c’est une action qui permet de gagner le soutien, ou du moins la neutralité, de la population locale. Une force perçue comme protectrice aura plus de facilité à obtenir des renseignements et à isoler les menaces résiduelles. Enfin, la préparation du transfert de responsabilité (Transfer of Authority – TOA) à une autre unité ou à des forces locales doit être anticipée, avec un partage instantané de toutes les données tactiques : menaces identifiées, plans de feux, état des infrastructures, etc. Une transition ratée est une porte ouverte à une résurgence de la violence.
Plan d’action : les 3 mesures vitales post-assaut
- Établir immédiatement un périmètre défensif avec points de contrôle et zones de destruction préparées.
- Assurer la prise en charge visible des civils blessés pour gagner le soutien de la population.
- Préparer le transfert de responsabilité (TOA) avec partage instantané des données sur menaces résiduelles et plans de feux défensifs.
Pourquoi passer de la carte papier à la tablette tactique change le tempo de la manœuvre ?
Le passage de la carte, du crayon et du compas à la tablette tactique « ruggedisée » représente bien plus qu’une simple modernisation. C’est un changement de paradigme qui affecte directement le tempo opérationnel. La carte papier est statique ; elle représente une situation à un instant T. Toute nouvelle information nécessite une mise à jour manuelle, lente et sujette à erreurs. La tablette tactique, connectée au BMS, offre une vision dynamique et partagée du champ de bataille en temps réel.
L’accélération de la boucle OODA (Observer, Orienter, Décider, Agir) est spectaculaire. Un chef de section peut visualiser instantanément la position de ses hommes (Blue Force Tracking), les positions ennemies signalées (Red Force Tracking), les axes de progression, les zones dangereuses et les ordres graphiques superposés à la carte. La prise de décision est plus rapide et mieux informée. L’orientation ne se fait plus en comparant une carte au terrain, mais en visualisant sa propre position sur un écran. Cette fluidité permet de saisir des opportunités tactiques fugaces qui auraient été manquées avec des outils traditionnels.
Cette photo illustre parfaitement l’outil au cœur de cette transformation : une tablette conçue pour résister aux pires conditions, une extension numérique du chef tactique sur le terrain.

Cependant, cette digitalisation n’est pas sans contreparties. L’étude de l’évolution du CENZUB, depuis sa création en 2004 jusqu’à l’intégration de la robotique en 2021, montre que si la numérisation accélère le rythme, elle crée aussi de nouvelles vulnérabilités. La dépendance à l’énergie (batteries), la cybersécurité (risque de brouillage ou de piratage) et la nécessité de former les combattants à ne pas être hypnotisés par leur écran (« head down display ») sont des défis majeurs. La maîtrise de cet outil impose de savoir s’en passer et de conserver les compétences fondamentales de lecture de carte et d’orientation.
Combat urbain : les défis juridiques et sécuritaires de s’entraîner dans une vraie ville
L’adage « Train as you fight » (S’entraîner comme on combat) est le pilier de la préparation opérationnelle. Cependant, son application au combat urbain se heurte à des obstacles juridiques et sécuritaires considérables. Mener un exercice de niveau section ou compagnie dans une véritable ville habitée est tout simplement irréalisable. Les risques pour la population civile, les dommages aux infrastructures et les contraintes légales (circulation, bruit, usage d’armes à blanc) rendent une telle entreprise prohibitive. Le réalisme de l’entraînement serait de toute façon limité, car les habitants ne réagiraient jamais comme une population en zone de guerre.
Face à cette impossibilité, la seule solution viable est de recréer l’environnement urbain de la manière la plus fidèle possible dans des zones dédiées. C’est la raison d’être des centres d’entraînement spécialisés. En France, le Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) est l’exemple le plus abouti. Sur les 6 000 hectares du camp de Sissonne, 1 km² est dédié à une ville fictive, Jeoffrécourt, conçue pour simuler une agglomération de 5 000 habitants avec ses immeubles, son réseau d’égouts, ses commerces et sa place publique. Cet environnement permet de pousser le réalisme à son maximum sans mettre en danger les civils ni enfreindre la loi.
Au-delà de la sécurité physique, le défi majeur de l’entraînement est d’ancrer le cadre éthique et juridique de l’engagement au cœur de chaque action tactique. Chaque décision prise par un chef ou un soldat doit intégrer les principes du droit des conflits armés (DCA). Comme le rappelle le Chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill :
Dans l’armée de Terre, on enseigne avant tout à nos soldats et nos chefs les règles du droit de la guerre, dans lequel il y a notamment le principe de proportionnalité.
– Général Pierre Schill, Interview JDD
S’entraîner dans un environnement contrôlé permet de simuler ces dilemmes éthiques : la présence d’un tireur près d’une école, la gestion d’une foule hostile mais non-armée, la décision d’une frappe avec des risques collatéraux. C’est dans ces scénarios que le principe de proportionnalité prend tout son sens et devient un réflexe opérationnel.
À retenir
- La supériorité technologique est un multiplicateur de force, pas une solution miracle. Elle doit être intégrée dans une manœuvre tactique cohérente pour être efficace en milieu urbain.
- La synchronisation interarmes au plus bas échelon (section, groupe) est la véritable clé du succès. La communication et les procédures partagées priment sur la puissance de feu.
- La mission ne se termine pas avec la prise de l’objectif. Le continuum assaut-stabilisation, incluant la prise en charge des civils, est un impératif éthique et stratégique pour une victoire durable.
Entraînement réaliste : « Train as you fight », comment reproduire le stress du combat sans tuer les stagiaires ?
Reproduire le stress et le chaos du combat réel dans un cadre d’entraînement est le Saint-Graal de la préparation opérationnelle. Il ne s’agit pas seulement de simuler des tirs, mais de recréer la pression psychologique, la fatigue et la surcharge cognitive qui dégradent la prise de décision. La solution réside dans une combinaison de trois facteurs : une infrastructure immersive, des technologies de simulation avancées et, surtout, une culture de l’analyse objective des performances.
L’évolution des infrastructures d’entraînement en France illustre cette quête de réalisme. Des premières formations tactiques basiques à Mailly jusqu’au complexe ultra-moderne du CENZUB aujourd’hui, chaque étape a cherché à se rapprocher davantage de la complexité du combat urbain. Le tableau suivant met en lumière cette progression technologique et doctrinale.
| Période | Infrastructure | Technologies | Capacité annuelle |
|---|---|---|---|
| 1969-1994 | CNEFG Saint-Astier | Entraînement gendarmerie classique | Forces de gendarmerie uniquement |
| 1995-2003 | CENTAC Mailly | Formation tactique basique | Unités terrestres limitées |
| 2004-2016 | CENZUB phase 1 | Village Beauséjour + SYMULZUB | Premières rotations opérationnelles |
| 2017-aujourd’hui | CENZUB phase 2 | Cerbère + robotique + souterrain | 20 000 soldats/an |
Cependant, le réalisme ne vient pas uniquement des murs et des capteurs. Il naît de la culture du débriefing. La méthode de l’Analyse Après Action (3A), systématisée au CENZUB, est au cœur du processus. Après chaque phase d’exercice, les unités sont confrontées aux données objectives de leur performance : trajectoires, communications, temps de réaction, impacts… Il ne s’agit pas de trouver des coupables, mais de comprendre les causes profondes des succès et des échecs. Cette confrontation directe avec la réalité factuelle, sans filtre, génère un stress « positif » qui ancre durablement les leçons apprises. Comme en témoigne un capitaine allemand en formation, c’est cet échange de tactiques et cette analyse rigoureuse qui rendent cet outil « formidable » et unique en Europe.
L’assimilation de ces concepts et leur application rigoureuse en entraînement sont les seules voies pour maîtriser le chaos urbain. L’étape suivante pour tout chef tactique consiste donc à intégrer activement ces principes de synchronisation dans la planification de ses exercices et la préparation de ses hommes, afin de transformer la doctrine en réflexe opérationnel.